¬ Réponse à M. Philippe Zarka

COAUTEUR de L’ASTROLOGIE «QUE SAIS-JE?» (PUF. 2005)

 

Astrophysicien dans la ligne de l’anti-astrologie militante et pas gênée par la mauvaise foi, Ph.Zarka a écrit avec Daniel Kunth, Directeur de recherche au CNRS, le dernier Que Sais-Je ? sur l’Astrologie.

Ouvrage qui, en réaction à celui, publié en 1995, de Mme Suzel Fuzeau-Braesch (Docteur ès Sciences) se voudrait décisif, sanctionnant l’Astrologie : ni science naturelle, ni science humaine, ni religion, ni philosophie … (voir article infra « Symboles et signaux »). Ph. Zarka s’est distingué par un site où il prodigue ses conseils à ses confrères pour sortir dignes et gagnants des débats télévisés sur l’astrologie. Il préconisait notamment, de garder le sourire quoiqu’il advienne, et de ne pas parler de la précession des équinoxes car … ils connaissent et savent répondre. Bien que l’argument soit abandonné dans ce Que Sais-Je? par des auteurs aux titres universitaires importants, depuis 2005, année de parution, il est toujours utilisé par les astronomes anti- et la piétaille scientiste. Moins par les médias…sans doute parce qu’ « ils » n’ont pas du très bien comprendre la question et son intérêt… philosophique autant que scientifique.


Philippe Zarka n’a sans doute pas déformé mon nom volontairement (une coquille ?); suivant «l’honnêteté» intellectuelle qui caractérise l’anti-astrologie ; je n’en dirais pas autant de son absence de présentation du conditionalisme qui constitue, outre ses fondements astrométriques, un système philosophique inédit, astrologique et extra-astrologique, dans la ligne de l’hermétisme et de la pensée rationnelle grecque.

Sa comparaison du conditionalisme avec l’astrologie karmique est symptomatique de la volonté forcenée de nier toute valeur à la reconstruction, comme à l’existence, de l’héritage astrologique. Une affaire de coucou… (voir article définition). L’intention même est condamnable pour nos décideurs du vrai et du faux.


Je dois cependant aux auteurs de s’être piégés en citant, en note de 3 lignes, l’astrologie conditionaliste et Jean-Pierre Nicole (on me reconnaîtra quand même) « … mêlant psychologie, astronomie et théorie de l’information ».

J’ai mis en gras un jugement qui laisse trace et preuve d’un travail de précurseur (La condition solaire – 1964) de la théorie d’Erik Verlinde (natif du Verseau) mêlant gravitation et information (Science et vie de septembre 2010). J’ai « prédit », sans horoscope, à ces Messieurs au col blanc de l’anti-astrologie, une «prochaine déculottée» dont il serait dommage d’être frustré. Toujours intuitif, j’ai l’impression que les choses vont aller plus vite que je ne pensais.
MERCI MONSIEUR ZARKA


Et comme moi gardez le sourire … il n’y aura pas de débat télévisé sur ce sujet, ce serait trop risqué pour vous et vos amis.

 


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Tourves, le 18 juin 2005
Jean-Pierre Nicola
Ph.D
Journaliste Honoraire
Sociétaire de la SCAM et de la SGDL


à
Monsieur Philippe Zarka
Astrophysicien
Chargé de recherche au CNRS


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Monsieur,


En note 1 de la page 10 du nouveau « Que sais-je ? » L’Astrologie, mon nom est déformé (comme, du reste, mon travail).

Je m’adresse directement à vous, co-auteur de ce numéro (2481) pour rectifier, lors d’une réédition, Jean-Pierre Nicole en Nicola. Je joins à la présente un recueil d’articles sur les exoplanètes et Sedna dont les découvertes auraient dû perturber les astrologues. Deux articles susceptibles de ne pas vous intéresser… qui paraîtront sur les sites conditionalistes ainsi que cette lettre.


Ainsi, il aura fallu plus d’un siècle (au moins) pour que des scientifiques à vocation anti-astrologique reconnaissent qu’Hipparque, le découvreur de la précession des équinoxes, théoriquement fatale à l’astrologie et au zodiaque tropique,n’en a pas moins conservé le nom des Signes et sa conviction en leur « influence » de préférence aux constellations! Une gifle au chorus rationaliste et ses solistes. J’espère qu’Henri Broch et Jean-Claude Pecker ne vous en voudront pas de votre page 73. Remarquez, vous êtes un peu en retard sur Geoffrey e.r. Hoyd (La science grecque après Aristote. Ed. la découverte. 1990) qui, citant Pline, faisait le même constat: personne n’a fait plus que Hipparque pour démontrer la parenté de l’homme avec les astres.


Par rapport aux « Que sais-je? » de Paul Couderc (1951 – 1974), votre évolution vers un descriptif documenté et des critiques enrobées, se comprend. Les moyens d’informer se sont développés, Internet va devenir incontournable. Il est inutile de cacher ce que n’importe qui finira par savoir (cf. Norbert Wiener). Par leurs congrès, sites, publications, les astrologues peuvent riposter aux censures comme aux mensonges, et il leur arrive d’avoir des avocats, tel Paul Feyerabend (que vous contesterez, bien entendu). Malgré les pétitions des Prix Nobel et autres assauts livresques du «monde scientifique» la gangrène a progressé dans le secondaire. En fait, l’astrologie a ses chances d’écoute partout où l’on sait comparer une information trompeuse à une vérifiable (Hipparque et la précession n’est qu’un exemple), auprès de ceux qui n’aiment pas le mensonge… mais qui,selon les sociologues, sont des croyants (ce qui jette une ombre sur leur rigueur intellectuelle). Et les déistes Newton, Pasteur, Einstein, alors ?


Vous avez compris qu’il valait mieux changer de stratégie, prendre de front la bête, et vos conseils, sur votre site Internet, ne sont pas ceux d’un chercheur heureux d’être confronté à une énigme exceptionnelle, mais ceux d’un chef de guerre établissant ses plans de défense contre un ennemi… imaginaire (quels astrologues menacent votre territoire ?).


L’évacuation de l’astrologie conditionaliste démontrant la logique du zodiaque des Signes et celle des significations planétaires par un modèle extra-astrologique, simplifie votre partage entre scientifiques, hommes des faits, et astrologues, hommes des symboles et des mots. Une antinomie chimérique que Jean-Marc Lévy-Leblond aurait dû traiter dans ses Aux contraires… qui n’en sont guère.


A partir du postulat symboles et signaux communiquent, à l’opposé de votre partition, les résultats théoriques (ne me dites pas qu’en sciences ces résultats n’existent pas) de la démarche conditionaliste ouvrent des perspectives d’expériences in vitro sur la réalité des concepts qui fondent l’astrologie en arrière-plan du symbolisme. Une moitié du chemin accompli vers des tests ou statistiques autres que psychologiques. Si les astres ont un langage, il n’est certainement pas symbolique et ce n’est pas davantage celui de scientistes qui assimilent, avec l’aplomb de leurs titres, le Panthéon à une planète parce que le premier plus attractif! Pire que des mots et du symbolisme. En biologie, il faudra remplacer les stimuli discrets (variations de luminosité, de densité, sécrétions hormonales) par la carotte et le bâton, stimuli de proximité, plus évidents.


L’argumentaire de votre « Que sais-je ? » concernant l’illogisme des astrologues, leur désintérêt pour l’astrométrie, ne s’applique pas à nos publications (cf. sites) fondamentales. Il ne resterait pas grand chose de vos pages si vous aviez tenu compte de notre travail, qui n’est jamais qu’un retour à la pensée de Kepler avec les connaissances (certaines) de ce temps.


Pas de flair-play, ni d’élégance, chez un chef de guerre « objectif »: vous avez mis le conditionalisme au même rang que l’astrologie karmique. C’est vraiment moche comme procédé, et je le ferais savoir. A court terme, tous les symbolistes – comme vous, majoritairement expéditifs envers le conditionalisme gênant – se réjouiront de votre ligne de partage. Mais tôt ou tard l’information galopante aura raison de votre censure sélective comme elle a eu raison des homélies anti-astrologiques des émules de Paul Couderc.


Pour contribuer à cette probabilité proche de la certitude, nous utiliserons ce dernier «Que sais-je?» en illustration frappante de ce qu’il ne faut pas attendre des scientifiques chefs de guerre (tous ne le sont pas) lorsqu’il s’agit d’astrologie et, généralement, de toute espèce de pensée globale. Lors de quelques polémiques avec de jeunes interlocuteurs, pour ôter aux arrogants la présomption d’une issue rapide à leur avantage, il me suffisait d’énumérer les noms des savants, découvreurs (Kepler, Cardan, Newton… et même Copernic) dont les dictionnaires s’abstiennent de signaler l’intérêt ou la pratique de l’astrologie. Il est vexant d’apprendre quelque chose d’un astrologue auquel, en principe, on ne discute que pour en remontrer, et la jeunesse n’aime pas les mensonges de leurs maîtres (chez les adultes, ce n’est qu’une question de mots).


En remarque finale, à propos de l’absence du « je » (p.123) chez les scientifiques voués à l’objectivité impersonnelle : lorsque Daniel Kunth, participant d’une émission télévisée sur (et surtout contre) l’astrologie, a énuméré les caractéristiques des planètes (composition des atmosphères notamment) pour justifier l’inanité d’une hypothèse physique, il a omis de citer les cycles, fondements de la pratique astrologique et la meilleure voie de recherche d’explicative «naturelle» (cf. théorie des âges en conditionalisme). J’ajoute que les cycles des planètes intègrent forcément ceux de leurs satellites. Ce fait d’astrométrie élémentaire, qui ne demande guère qu’une minute de réflexion, nous débarrasse d’une autre argutie anti-astrologique (tailles et effets des satellites considérés indépendamment de ceux qu’ils ont sur leur centre de gravitation).


L’objectivité scientifique est effectivement «hors jeu» lorsqu’elle recourt à la volonté de vaincre à défaut d’arguments convaincants.


Avec mes salutations conditionalistes, non karmiques.


Jean-Pierre Nicola