¬ Astrologie et écologie


 

Le terme d’écologie a été créé en 1866 par le natura­liste allemand Haeckel (1834-1919).

Il découle du grec oikos, la demeu­re, et de logos, la science. Ayant forgé son mot, son créateur l’a défini par « la science des relations de l’organisme avec le monde exté­rieur environnant, c’est-à-dire, dans un sens large : science des condi­tions de l’existence ». En sociologie, la définition s’est étendue à l’étude de l’interdépendance des institu­tions et du groupement des hom­mes dans l’espace. Façon de dire que l’écologie humaine traite des huttes, hameaux, villages, villes, pays et continents, sous l’angle de leurs règles de vie sociale, et sous celui de leurs influences récipro­ques, le tout formant un « systè­me », géographique, social et hu­main dans ce cas.

 

Cela vaut d’en prendre acte : écologiste ne désigne pas exclusive­ment le naturaliste soucieux des circuits vitaux formés par le Soleil, les plantes, les animaux et les hommes. L’écologie n’est pas une spécialité mais une généralité. On parle de « science-carrefour » parce qu’elle concerne un ensemble de disciplines, des plus rigoureuses (physique, mathématique) à celles qui admettent de la mouvance, voire du tangage dans leurs nor­mes et marges d’erreur. La météo­rologie, la sociologie, la psycholo­gie, ne sauraient rivaliser en exac­titude avec l’astronautique. Si cette dernière fonctionnait avec les « tolérances » des premières, notre environnement compterait aujour­d’hui beaucoup de cosmonautes égarés.

 

L’objet de l’écologie, à savoir les relations de l’organisme avec le monde extérieur, convient à la di­versité des applications et au carac­tère extensible de son champ d’in­térêt.

 

De même que l’on peut penser en écologiste les problèmes d’une hutte, d’une H.L.M., de la Tour Montparnasse ou de Chicago, on peut penser à la vie écologique d’une cellule, d’un organisme ou d’une espèce. Il n’y a que l’échelle, sa matière, celle de son environnement qui varient.

Dans tous les cas, nous avons un « système » en équilibre dyna­mique. Petit, moyen ou grand, tout en ayant son autonomie, ce systè­me est ouvert à d’autres. Ils s’em­boîtent pour constituer un macro­système qui en contient plusieurs, différents entre eux mais non indif­férents.

 

Les trous d’eau au bord d’une côte marine ont une flore et une faune permanentes. Plusieurs trous d’eau font un bord de mer non étranger aux caractéristiques géo­logiques du pays, à son climat, ses vents, saisons, marées et tempêtes. Pour ne pas se perdre dans un trou d’eau, on appelle écosystème l’en­semble formé par les plantes, les animaux et les facteurs non vivants (abiotiques) qui agissent sur eux. Une mare, une forêt, un estuaire, sont des écosystèmes. Leur équi­libre est mouvant et dynamique. Les producteurs (plantes), les consommateurs (animaux) et les décomposeurs (vers, insectes, cham­pignons), « absorbent, transforment et font circuler de l’énergie, ainsi que des matières qu’ils restituent à l’environnement en des temps plus ou moins longs ».

 

Déjà, voyant le temps poindre, l’astrologie pourrait mettre le bout de son nez dans un écosystème qui ressemblerait fort à la Terre. Déjà, il y a lieu de se demander pour­quoi à propos d’une notion aussi précieuse que celle d’environne­ment, il faudrait s’en remettre aux oeillères de l’anti-astrologisme pour en tracer les limites.

 

Ce n’est pas par générosité et lar­geur d’esprit que les astrologues étendent l’environnement à tout le système solaire. Puisque le fait as­trologique existe par la pratique, la statistique et la théorie, il faut l’expliquer par les voies naturelles. Lorsqu’on suppose que la Terre appartient à un système homogène dont le Soleil, centre énergétique, est le principal acteur, on devance de peu ceux qui ont commencé par l’étage du dessous en parlant de « biosphère » pour la Terre et sa petite zone périphérique où la vie s’est installée. Certes, l’étage supé­rieur, pour être comparable, souffre du fait que le système solaire n’a pas d’atmosphère entourant ses lointaines planètes et que la vie, sous ses formes connues, est loin d’y paraître aussi abondante que dans notre biosphère.

 

Mais nous avons vu qu’un éco­système met en relation aussi bien de l’énergie, que des facteurs vi­vants ou non vivants. Nous avons vu que les systèmes s’emboîtent comme des poupées russes. Enfin, tout se déroule dans un cadre tem­porel et matériel aux dimensions variables.

 

Il ne faut pas une imagination tellement excessive pour concevoir le système solaire comme un cadre temporel et physique formé de mas­ses s’influençant mutuellement au mieux de l’équilibre total.

 

Cette idée d’astronomie écologi­que a été exprimée par les voies du bon sens ou de l’intuition. La loi d’analogie, par exemple, ou le fameux « tout est dans tout » qu’un humoriste a rendu célèbre par son « … et réciproquement ».

Un esprit rigoureux, savant ou autre, ne se contente pas d’un dic­ton et d’un trait d’esprit pour bâtir sa science. Aux affirmations astro­logiques de correspondances uni­verselles (autres formes d’emboîte­ment), d’harmonies célestes et ter­restres (autres formes d’équilibre mais à tendance statique et figée dans « l’essence »), il a le droit de préférer une démonstration. Si elle n’est pas chiffrée, elle doit au moins être logique.

 

Dire que le système solaire cons­titue une « unité organique » témoigne d’une saine philosophie mais y ajouter une démonstration est préférable lorsqu’on prolonge sa réflexion vers la science.

 

Pour les planètes, la démonstra­tion de leur unité a été faite dans Nombres et Formes du Cosmos (éditions Traditionnelles, 1971). Aupara­vant, un astrologue, Maurice Fro­ger, avait signalé qu’en adoptant pour unité de base la distance So­leil-Jupiter (5,2 fois la distance Terre-Soleil), le produit respectif des distances moyennes des couples Vénus-Pluton, Neptune-Terre, Ura­nus-Mars, Cérès-Saturne, avoisine l’unité adoptée. On obtient, en ef­fet : 1,05 pour Vénus-Pluton, 1,11 pour Neptune-Terre. 1,08 pour Uranus-Mars, 0,975 pour Saturne-Cérès. Ce calcul, en réalité, revient à dire que les produits des distances ainsi couplés égalent sensiblement la distance Soleil-Jupiter multipliée par elle-même, soit son « carré ». Mercure n’ayant pas de partenaire, Maurice Froger concluait à la pos­sibilité d’une planète au-delà de Pluton et à une distance d’environ 70 fois celle de la Terre au So­leil(voir note 1).

 

Notre voie, différente mais jus­tifiant les résultats ci-dessus, a consisté à prendre les rapports suc­cessifs des distances au Soleil en considérant la première, celle de Mercure, comme étant elle-même le résultat d’un rapport de distan­ces. Géométriquement, procédé revient à tracer, à partir de 0,15 en Unité Astronomique, une suite de rectangles aux dimensions croissan­tes, chaque distance au Soleil étant à la fois la base d’un triangle et l’hypoténuse du suivant. En effec­tuant la somme successive des an­gles extérieurs, on obtient la figure suivante :

 

 

 

Ordre des longitudes obtenues par sommation des angles liés aux rapports des orbites successives (ordre de Pluton à Mercure)

On ne saurait nier son équilibre, le retour après le « sommet » que donne la position de Jupiter, s’ef­fectuant comme une compensation de l’aller.

La moyenne des angles Soleil‑Vénus + Soleil-Neptune, Soleil-Terre + Soleil-Uranus, Soleil-Mars + Soleil-Saturne, Soleil-Cérès + Soleil-Jupiter, engendre une figure « corrigée » qui, renvoyant à de nouvelles distances au Soleil, don­ne pour constante, non pas la dis­tance Soleil-Jupiter, mais une autre, égale à 4,96 fois Terre-Soleil. Un astre gravitant à cette distance ac­complirait sa révolution autour du Soleil en 11,14 années. Soit, la valeur moyenne du cycle de l’acti­vité solaire si important pour notre biosphère et ses écosystèmes !

 

Enfin, les angles moyennés se retrouvent numériquement au moyen de formules identiques à celles par lesquelles l’on calcule certaines fréquences de l’atome d’hydrogène. En supposant qu’il y ait coïncidence, elle est de taille !…

 

Comme on le pratique en éco­logie, il faudra le concours de spécialistes de diverses disciplines pour passer aux explications et aux développements de ces résultats.

En attendant, les astrologues sont en droit de penser que leur cadre de référence n’est pas celui de gros cailloux distribués au hasard dans le champ solaire. Manifestement, le Soleil et les planètes forment un ensemble homogène, un système en équilibre dynamique et les lois concernant la matière, son rayonne­ment, ne paraissent pas étrangères à la distribution et l’éloignement des orbites planétaires (voir note 2).

 

Contre l’astrologie, on invoque souvent l’insignifiance de la cause physique, chaque astre, étant donné son éloignement, ne pouvant exer­cer qu’une action minime. Mais si le système est lié et en équilibre instable, que devient l’argument ? L’on peut, d’une pression du doigt, faire basculer un rocher en posi­tion précaire ou d’un écho provo­quer une avalanche.

 

La démonstration de l’équilibre dynamique du système solaire est donc importante pour l’astrologie en quête d’une explicative logique et naturelle. Sans être définitive, elle est décisive, et s’il reste à trou­ver par quels emboîtements succes­sifs on passe d’une cause maté­rielle à un effet apparemment psychologique, la possibilité de tels emboîtements, quant au principe, est doublement posée.

 

Elle est posée d’abord au plan de la relation entre signal concret, symbole, signal abstrait. L’astre (émetteur) est signal. Puisque ce signal est subtil, le récepteur n’en est pas informé par une percep­tion consciente.

 

Supposons que la planète Sa­turne, en tant que signal, soit définie, en termes relatifs, par la transformation d’une énergie
« moyenne » en énergie « faible ». Au plan du récepteur et par une suite d’enchaînements, la réponse neurologique à ce signal peut être une baisse d’excitabilité dont les produits symboliques seront des images d’abîme, de chute, d’affai­blissement, et les produits abstraits des notions de distance, dégradation, recul, absence. En aucun cas Saturne ne gouverne l’abîme ou la raison, cette autre forme de dis­tance. Il est plus simple de penser que son action passe par une chaîne dont le premier maillon est la situation matérielle et le cycle de Saturne dans le système solaire, les derniers étant les diverses réponses de l’homme.

 

La possibilité d’emboîtements successifs est posée ensuite par l’ap­parition d’équations comparables à celles de l’atome
d’hydrogène lorsqu’on traite les distances pla­nétaires comme nous l’avons fait. L’hydrogène constitue 70 % envi­ron de la masse solaire. C’est aussi l’un des principaux éléments indis­pensables à presque toutes les plantes et tous les animaux. Les « pou­pées russes emboîtées » qui conduisent des astres à l’homme, sont d’une même pâte. Ceci, on l’imagine, doit faciliter les inter­actions en précisant leur plan de communication. L’hydrogène est probablement l’élément transmet­teur permettant de passer du Soleil et des planètes, à l’eau, à la vie puis à l’homme.

 

Un écosystème met en situation d’interdépendance des facteurs, dont, au regard du temps, les cy­cles sont différents. Les espèces, végétales, animales ou humaines, n’ont pas les mêmes durées de vie, et les facteurs non vivants, chimi­ques, énergétiques ou minéraux, suivent aussi des cycles de divers ordres de grandeur. Dans sa vision temporelle abstraite, l’équilibre dy­namique d’un écosystème implique une synchronisation des rythmes et des cycles qui participent à son fonctionnement. Cette simultanéité ordonnée, ou si l’on préfère, ce réseau de cycles liant la vie à la non-vie, engendre son programme de développement.

 

Il est utile de rappeler ici que la théorie des âges posée par l’as­trologie conditionnelle montre que les étapes du développement du système nerveux et du psychisme justifient les significations astrolo­giques lorsqu’on adopte comme découpage de l’évolution les temps donnés par les durées des révolu­tions planétaires. La corrélation est un modèle écologique : le dévelop­pement humain paraît adapté à la simultanéité ordonnée, au réseau temporel du système solaire, l’hy­drogène étant vraisemblablement l’agent de liaison.

 

Il est permis de déduire le passé d’une simultanéité ordonnée et d’en prévoir l’évolution. L’affirmation s’applique sans peine à l’astrologie, mais en pratique, le but prévision­nel ne peut s’atteindre avec préci­sion que si l’on connaît tous les emboîtements qui conduisent de la structure temporelle donnée par l’horoscope du natif qu’elle concer­ne. L’astrologie conditionnelle pré­conise, pour affiner la prévision d’un événement ou d’un caractère, d’emboîter aux facteurs célestes les facteurs sociaux et familiaux, en attendant d’introduire d’autres facteurs, encore inconnus, qui pourraient être essentiels.

 

De toutes les sciences, l’écologie est certainement celle qui conduit à une morale pratique précise. La chaîne alimentaire est une chaîne de solidarité particulière.

Avec l’écologie, l’homme a compris les dangers d’une pensée linéai­re, prisonnière de son système fermé. Il n’est pas du tout certain qu’il sache arrêter l’escalade, la société du profit est bien loin d’être hors circuit ou dans une morale écologique assez efficace pour évi­ter un désastre final. Mais les hom­mes disposés à sauvegarder le pa­trimoine naturel, et tentés de gérer convenablement notre planète, dis­posent désormais d’une pensée ré­volutionnaire par rapport au ratio­nalisme cartésien qui a fait de la science instituée un ordre fossile.

 

L’astrologie, par-delà ses manipulateurs magistes coupés du réel mais non des circuits commer­ciaux, contient, étaye et dépasse cette pensée. C’est pourquoi elle est appelée à réintégrer la cité des hommes.

 



Ce que la nature a fait du Soleil…

 

Article N° 2 publié en juin 1976 dans « ASTROLOGIQUE » :

 

Réédité dans « FLORILEGE ASTROLOGIQUE » : édition COMAC (Tourves 2008)

Notes (J.-P.N., mai 2008) :

 

1 – « Harmonies du Monde » de Maurice Froger, dans les Cahiers Astrologiques n°105 (Mars-Avril 1965), fait suite à mon article (même titre) sur les orbites planétaires publié par ces Cahiers en 1962 (n° 101). Selon M. Froger, une planète hypothétique, partenaire de Mercure, qu’il avait baptisée Minos, devait avoir un demi-grand axe de 77,2 UA. Le demi-grand axe d’Eris, planète qualifiée de transneptunienne, officiellement découverte en juillet 2005, a un demi-grand axe de 67,668 UA. Le produit Eris ´ Mercure ( 67,668 × 0,387 = 26,188… ) est plus proche du carré de Jupiter ( 5,2 × 5,2 = 27,04 ) que le produit Minos ´ Mercure ( 77,2 × 0,387 = 29,876 ). Il reste que la prévision de Maurice Froger, fondée sur la constante « jupitérienne » du système solaire, est un succès auquel le conditionalisme est seul à rendre hommage.

 

2 – Pour en savoir plus :

Jean-Pierre Nicola, Eléments de Cosmogonie Astrologique, COMAC, avril 1992.

Jean-Paul Citron, L’Astrologie et le Vivant, COMAC, 2e trimestre 2002, Tourves.